FACES
FACES, noesis, flora pilet, alexandre le petit
CREATION 2017/18
noesis, flora pilet, alexandre le petit
Conception :  Alexandre Le Petit 
Chorégraphie & interprétation : Flora Pilet
Dramaturgie & mise en scène : Alexandre Le Petit
Conseillère chorégraphique : Mélanie Lomoff 
Composition sonore & lumières : Alexandre Le Petit 
Création vidéo : Christophe Bisson
Effets spéciaux : Baptiste Bisson
Régie plateau : Alexandre Serrano
Crédits images : Claude Boisnard

Francis Bacon, Auto-portrait
noesis, flora pilet, alexandre le petit
« J'ai besoin de l'autre pour me reconnaître, car c'est toute la relation que l'autre a avec lui-même qui va permettre à l'image de mon corps de s'exprimer ou pas. L'autre ou le sujet se voit en moi, dans ce qu'il n'est pas et désire être, c'est tout le processus du désir qui est en jeu. Là où je vois le sujet c'est dans un regard imaginé par moi. Ce semblable que j'aperçois sous la forme d'un corps à l'envers n'est autre que l'image de mon propre corps à l'envers, projetée sur lui et imaginée par moi. »  
Mélanie Klein 
LE PROJET
Le Caravage,Narcisse
" L'homme désire toujours selon le désir de l'Autre. " 
René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque
noesis, flora pilet, alexandre le petit
FACES est une pièce écrite d’après une relecture du mythe de Narcisse & Echo décrit par Ovide, vu à travers le concept de désir mimétique du philosophe et anthropologue français René Girard. A partir de la rencontre entre un personnage scénique et son double cinématographique, un jeu à triple bande se déploie entre l’image, le performeur et le public.
Nicolas Poussin,Narcisse
Sur le plan individuel, selon René Girard, les hommes se haïssent parce qu'ils s'imitent. Le mimétisme engendre la rivalité, mais en retour la rivalité renforce le mimétisme. Les protagonistes d'un tel conflit tragique ou comique ne voient pas qu'ils sont interchangeables, symétriques, des « doubles », mais l'observateur extérieur le voit : il y a double logique, celle du désir et celle de l'imitation. En d'autres termes, faire de l'Autre un modèle, c'est faire de lui un rival. (Cf. Girard, La violence et le sacré & Mensonge romantique et vérité romanesque) 

1/3 animal, 1/3 cinéma, 1/3 psychanalyse 
 
L’histoire de la rencontre de Narcisse avec Echo, puis de Narcisse avec lui-même, fait appel à une multitude de personnages chimériques, mythologiques, ou divins. Les relations qu’ils entretiennent entre-eux, et l’intrication des composants de l’animalité de la nature, et de la nature animale de l’humain comme cœur de la fable, donnent une trame dense pour explorer la question des relations entre désir, imitation et destruction qui procèdent de la construction de chacun d’entre nous

FACES explore les rapports de fascination, de désir et de destruction qui constituent la mécanique ineffable de la construction du sujet.


Dans cette pièce hybride, nous suivons les métamorphoses et les dérèglements d'un corps mutant au sein d'espaces poreux, toujours habités et hantés par la présence d’un autre, ou de quelque chose d’autre. 

Ces présences fantomatiques nous interpellent sur la nature de ce qui est simultanément là et  pas là, et qui pourtant agit, nous agit.

Dans ce face-à-face épique, qui regarde l’autre, qui est vu ?
Qui, ou quoi ?

" Crédule enfant, pourquoi t'obstines-tu vainement à saisir une image fugitive ? "  
Ovide, Les Métamorphoses

Pour Narcisse, nous souhaitons attirer l’attention sur le fait que tel que l’a écrit Ovide, Narcisse ne sait pas que le reflet qu’il contemple pour la première fois le représente lui-même. Pour lui, il est face à l’Autre, il découvre tragiquement l’expérience de l’altérité même, et de la solitude insupportable qui l’accompagne. Narcisse ne meurt donc pas de s’aimer trop, mais d’aimer trop l’inatteignable autrui.

1 personnage, 2 entités, 3 scènes

La rencontre entre le « performeur-danseur », « le performeur-image » et le public aura lieu sur les trois sommets d’un triangle, taillé dans une matière réfléchissante bordée de blanc, livrant une grande importance à l'espace du hors-champs, et qui ouvrira la troisième scène, c'est à dire la salle. 
 
Qui est ce moi qui me regarde, par lequel, avec lequel, un je se construit ?

Nous proposons au spectateur d'adopter la position d'un monteur cinématographique à la recherche de sa propre fiction, de sortir de la quête d’une « histoire à bien comprendre », pour se donner la possibilité de composer une « histoire aussi bonne qu’une autre », la sienne.
 

" Non pas qui suis-je, mais qui je hante ? "
André Breton
faces_noesis_alexandre le petit_flora pilet
 AGENDA :

04/03/18 : (chantier, 20'), Vibrations, Théâtre de Caen
19 >23/03/18 : résidence aux Ateliers Intermédiaires, Caen
30/04 > 11/05/18 : résidence à Reservoir Danse, Rennes
04 >14/06/18 : résidence au Dancing, Val-de-Reuil
14/06/18 : avant-première, Dancing, Val-de-Reuil
16/06/18 : première, Point Ephémère, Paris




Accueils :
Centre Chorégraphique National de Caen, Le Dancing (Val de Reuil), Le Point Éphémère (Paris), Le Phare - Centre Chorégraphique National du Havre, Les Ateliers Intermédiaires (Caen), La Fabrique APEFIM, (Caen), Studio Le Regard du Cygne (Paris), Réservoir Danse (Rennes), Chorège (relais culturel du pays de Falaise). 
Coproduction : Centre Chorégraphique National de Caen en Normandie
Partenaires : Region Normandie, Ville de Caen, Conseil Départemental du Calvados ODACC